La Forêt est le premier film tourné pour la télévision par Arnaud Desplechin, mais les admirateurs du réalisateur d’Un conte de Noël sont en terrain connu. La pièce du dramaturge russe Alexandre Ostrovski, qu’il a adaptée pour la collection « Théâtre » d’Arte, aborde les thèmes fétiches du cinéaste – de la famille dans tous ses états au pouvoir corrupteur de l’argent en passant par l’éloge de l’art en général, et du théâtre en particulier. La distribution, entièrement composée de sociétaires ou pensionnaires de la Comédie-Française, lui a par ailleurs permis de renouer avec ses acteurs de Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), Denis Podalydès et Michel Vuillermoz.

Il y a du Molière et du Tchekhov dans cette satire à la fois caustique et mélancolique, où une veuve vieillissante s’éprend d’une jeune aristocrate sans le sou ; où une héritière aime en secret le fils d’un riche moujik ; où des saltimbanques viennent semer le désordre dans une maison bourgeoise. Desplechin assume jusqu’au bout les origines théâtrales de ce texte brillant, en donnant à voir les artifices de la représentation : dans une même scène, les personnages passent d’un décor naturaliste (une clairière, un salon…) à un décor abstrait (un fond noir). Et font basculer La Forêt dans un onirisme envoûtant.

© Télérama

Réalisé par Arnaud Desplechin
Avec Michel Vuillermoz, Denis Podalydès…

La forêt